Le Figaro
samedi 5 - dimanche 6 août 2000

Paroles de Karmapa

Propos recueillis par Elie Maréchal.

Trinley Thayé Dorjé est le 17ème Karmapa, chef spirituel de l'école bouddhique Kagyupa.
Celui que l'on appelle " Sa Sainteté " n'a que dix-sept ans, et déjà aux prises avec des controverses sur sa légitimité. Il est actuellement de passage dans le monastère du Bost en Auvergne.

LE FIGARO - Pourquoi êtes-vous en Auvergne ?

TRINLEY THAYE DORJÉ : Pour y recevoir des initiations et des enseignements d'un éminent lama, Chobgyé Trichen Rinpoché, qui séjourne ici. J'ai en effet moi-même à transmettre un précieux héritage que je dois bien connaître.

Notre pays est de tradition chrétienne. Cette culture pose-t-elle des difficultés d'adaptation pour le bouddhisme ?

A chacun de s'adapter, car aucune incompatibilité n'existe entre bouddhisme et christianisme. L'Europe ne présente aucune difficulté pour le bouddhisme.

Faites-vous du prosélytisme ?

Le prosélytisme est étranger au bouddhisme qui est enseigné seulement à qui le désire. Si le bouddhisme n'apporte aucune aide à quelqu'un, il est inutile de lui enseigner.

Quel genre d'aide ?

La pratique et la méditation que propose le bouddhisme sont des méthodes pour apaiser les souffrances de chacun, prendre possession de soi-même, analyser la nature de l'esprit. Le but est d'ôter toutes les causes de souffrance et d'amener à l'éveil.

Comment être Karmapa à 17 ans ?

Depuis ma naissance, je suis la réincarnation du Karmapa précédent, décédé en 1981.

On peut apercevoir une patinette très moderne ici dans le monastère. A qui est-elle ?

(Sourire) A moi.

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