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Rencontre avec Chobgyé
Trichen Rinpotché
Or, Chobgyé Tri Rinpoché, après avoir écourté une visite à un monastère Sakya à Moussurie, vint ici à Delhi pour me rencontrer. Il me fit dire qu'il voulait me voir au plus vite. Voici ce qu'il m'apprit lors de notre rencontre : "Peu de temps avant que le dernier Karmapa, Rangjoung Rigpai Dordjé, ne quitte son corps, j'ai eu un rêve, très tôt le matin. J'ai rêvé que Sa Sainteté le Karmapa, vêtu des robes du Dharma, circumambulait le stoupa de Bodnath ; il semblait fragile et faible. Dans le rêve, j'étais triste moi aussi, et je pleurais. Très peu de temps après, le Karmapa nous a quittés. Puis, juste quelques jours avant de venir ici, j'ai eu un autre rêve. Cette fois-ci, Sa Sainteté était vêtue des robes jaunes du Dharma pendant qu'il faisait le tour du stoupa. La couleur de sa robe était claire et lumineuse. Il portait la coiffe de Gampopa et il était très souriant. A midi, le jour même où j'ai eu ce rêve, jai reçu la visite d'un proche venu de Lhassa. Il m'apportait la photographie d'un jeune garçon réputé dans le quartier où il habitait pour avoir répété à plusieurs occasion : " Je suis le Karmapa. " A l'annonce de cette histoire, Chobgyé Tri Rinpoché était convaincu qu'il fallait qu'il m'en parle. Il sentait même que c'était urgent au point qu'il a écourté sa visite au monastère Sakya où il allait se rendre. Chobgyé
Tri Rinpoché poursuivit : " Ne prenez pas de décision sur
la base de ce que je viens de vous raconter. Votre jugement doit être
fondé sur les instructions transmises par le défunt Karmapa
et sur les visions et expériences de maîtres spirituels qualifiés
de la lignée. Néanmoins, il me semblait nécessaire
de venir vous dire tout cela parce que vous êtes le Shamarpa et
que dans l'histoire de la lignée Karma Kagyu, les lamas Shamarpa
et les lamas Karmapa sont considérés comme inséparables.
" Les voyages au Tibet de proches de Shamar Rinpoché Donc, début 1987, lorsque Lopeun Tséchou Rinpoché devait partir à la conférence de Lhassa en tant que représentant de l'Association Bouddhiste Népalaise, je lui demandai de se renseigner sur l'enfant de la photographie, ceci sans que quiconque ne sache qu'il en ait été chargé par mes soins. A l'époque, le petit garçon habitait avec ses parents à Lhassa dans un quartier appelé Bakhor. Son père était un lama Nyingmapa connu qui s'appelait Mipham Rinpoché, et ses deux fils étaient tous deux considérés comme extraordinaires par les habitants du quartier. J'ai donc demandé à Lopeun Tséchou Rinpoché d'essayer de rencontrer la famille sans que quiconque ne puisse connaître le but de sa visite. A son retour au Népal, il revint avec des informations sur le nom de la famille, sur les lieux et les dates de naissance des fils, etc. Lopeun Tséchou Rinpoché découvrit encore que le père possédait des objets religieux et des lettres qui avaient appartenu au précédent Mipham Rinpoché, un maître Nyingmapa très connu et proche de la lignée Kagyu. Dans l'une de ces lettres, il était expliqué que sa prochaine incarnation aurait un fils nommé Rigpai Yéshé Dordjé. A mon avis, la partie du nom Rigpai Dordjé établit un lien avec le dernier Karmapa, Rangjoung Rigpai Dordjé. Mipham Rinpoché ne voulant pas se séparer de la lettre, Lopeun Tséchou Rinpoché contacta un autre lama, ami proche de Mipham, pour convaincre celui-ci de l'autoriser à copier la lettre. Cet ami réussit à obtenir l'accord de Mipham Rinpoché pour faire une copie manuscrite ; c'est celle-ci que je détiens. En demandant à Lopeun Tséchou Rinpoché d'entreprendre ces recherches, je ne lui ai pas donné de mandat officiel. Je me suis rapproché de lui parce que c'est quelqu'un de digne de confiance et qu'il allait se rendre à Lhassa de toute façon. Lorsqu'à son retour il m'a fait part de ce qu'il avait découvert, je n'ai manifesté aucune réaction. J'ai gardé tout ceci pour moi. Pour avoir plus d'informations, j'ai envoyé une deuxième personne au Tibet. Cette personne revint avec les mêmes informations que celles rapportées par Lopeun Tséchou Rinpoché. Or, elle apprit également un détail nouveau et révélateur. Un jour, le petit garçon se rendit au temple du Jokhang sis dans le quartier Bakhor de Lhassa avec un ami de son père qui le portait. Pendant qu'ils faisaient le tour du temple, un attroupement de gens éveilla leur curiosité et ils suivirent ce groupe dans le temple. A l'intérieur, un lama doté d'une carrure impressionnante peignait la figure de la statue du Bouddha du temple en or. Ils s'enquirent de son identité, et on leur répondit qu'il était venu d'Inde. Une fois que l'ami du père avait remis le garçon par terre, celui-ci courut vers le lama et lui demanda : "Me reconnais-tu ?" Le lama répondit que non. Après cette rencontre, ils retournèrent chez eux. L'ami du père raconta aux parents cette histoire du lama venu d'Inde qui peignait la statue en or. Ils voulaient en savoir plus et décidèrent d'aller le voir. En se renseignant, ils découvrirent qu'il s'agissait de Gyaltsab Rinpoché. Lorsqu'ils s'apprêtaient à aller le voir, leur fils déclara : "Je ne souhaite pas le rencontrer car il ne me reconnaît pas. Cela ne sert à rien d'aller le voir." J'ai trouvé cela assez révélateur. Un jour, une personne très dévouée envers Sa Sainteté le précédent Karmapa et jouissant de beaucoup de respect se mit en contact avec moi. Elle m'apprit que le défunt Karmapa Rangjoung Rigpai Dordjé lui avait laissé des instructions concernant sa prochaine incarnation. J'ai vu cette personne ici en Inde. Lors de l'une de mes rencontres avec S.S. le Dalaï-Lama, Sa Sainteté me dit qu'il avait entendu dire qu'une personne m'avait contacté en annonçant qu'elle détenait les instructions du précédent Karmapa. S.S. le Dalaï-Lama souhaitait savoir si cela était vrai. Je lui dit que oui. Puis, Sa Sainteté voulut savoir quand j'avais rencontré cette personne et de qui il s'agissait. Je lui dis que j'avais rencontré la personne en question quelques années plus tôt, juste après la conférence de Varanasi à laquelle avaient assisté des représentants des différentes écoles du bouddhisme tibétain, mais que je ne pouvais pas donner son identité puisque cela n'était pas approprié. Sa Sainteté déclara qu'elle avait le droit d'accéder à cette information mais malgré tout, je refusai de révéler son identité. De fait, la personne dont j'ai déjà souvent parlé est cette personne que j'ai rencontré à Varanasi ; jai confiance sur lauthenticité des instructions quelle possède. Parallèlement aux réunions avec les trois autres Rinpochés, je poursuivais en secret mes recherches au sujet de l'enfant sur la photo. J'envoyai une troisième personne à Lhassa afin qu'elle entre en contact avec la famille. Le père, qui est un lama bien connu, était souvent sollicité en tant que maître spirituel par les uns et les autres sur des questions diverses. D'ailleurs, beaucoup de lamas vivent dans ce quartier de Lhassa. Leurs portes sont ouvertes à tout le monde. De ce fait, n'importe qui peut passer pour demander un avis ou solliciter une bénédiction. Ce n'est pas comme ici où les gens doivent prendre un rendez-vous. Je conseillais à la personne que j'avais envoyée à Lhassa de prendre contact avec la famille en prétendant avoir besoin d'un conseil. Elle avait pour mission de rencontrer souvent la famille sous ce prétexte afin de pouvoir observer l'enfant. Lorsqu'elle
arriva à Bakhor, elle circumambula les temples, puis se présenta
chez la famille où elle rencontra un petit garçon au teint
très clair, qui lui dit immédiatement : "Vous êtes
venu me voir." L'adulte ne répondit pas et demanda à rencontrer
le père. L'enfant le conduisit dans la maison et il obtint les
conseils dont il avait prétendument besoin pour ses affaires. Pendant ce temps, les réunions habituelles avec les trois autres Rinpochés continuaient. Comme je voyais ces réunions prendre une tournure de plus en plus politique, il ne m'était pas possible de parler des renseignements obtenus. Je n'étais pas convaincu que je pourrais les confier aux autres. Mais ce n'est pas par manque de respect pour eux ; en fait, cela me désole surtout que les affaires en soient arrivées là. |
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